Risque incendie en France : comprendre, prévenir, réagir
La France métropolitaine connaît chaque année plusieurs milliers de départs de feu de végétation. La très grande majorité est éteinte avant d'avoir parcouru un hectare, grâce à un modèle d'intervention fondé sur l'attaque des feux naissants. Mais quelques épisodes, sous vent fort et végétation sèche, échappent au dispositif et détruisent plusieurs milliers d'hectares en quelques heures.
Pourquoi les feux se déclarent
Un feu de végétation naît de la rencontre de trois éléments : un combustible sec, une source de chaleur et de l'oxygène. En pratique, c'est presque toujours l'homme qui fournit l'étincelle. Les causes recensées les plus fréquentes sont :
- les travaux et loisirs de plein air (débroussailleuse, disqueuse, barbecue, feu de camp) ;
- les mégots jetés depuis un véhicule ou un sentier ;
- le brûlage de déchets verts, y compris lorsqu'il semble maîtrisé ;
- les lignes électriques, véhicules en panne ou engins agricoles ;
- la malveillance, minoritaire mais responsable de feux souvent plus destructeurs ;
- la foudre, seule cause véritablement naturelle, très minoritaire en France.
Les facteurs qui font qu'un feu devient un incendie
Le passage d'un départ de feu à un grand incendie tient à quatre paramètres, dont le dernier est déterminant :
- La sécheresse de la végétation, mesurée par la teneur en eau des combustibles fins : après plusieurs semaines sans pluie, herbe et broussailles s'enflamment instantanément.
- La température de l'air, qui rapproche le combustible de son point d'inflammation.
- L'hygrométrie : en dessous de 30 % d'humidité relative, la propagation s'accélère nettement.
- Le vent, qui alimente le foyer en oxygène, couche les flammes vers l'avant et projette des brandons jusqu'à plusieurs centaines de mètres, créant des départs secondaires en avant du front principal.
S'ajoute le relief : un feu remonte une pente beaucoup plus vite qu'il ne la descend, car les flammes préchauffent la végétation située au-dessus.
Où et quand le risque est le plus élevé
Le pourtour méditerranéen — Var, Bouches-du-Rhône, Hérault, Gard, Pyrénées-Orientales — et la Corse concentrent historiquement l'essentiel des surfaces brûlées, avec un pic de juin à septembre. Le massif landais, en Nouvelle-Aquitaine, constitue le second foyer de risque, comme l'ont montré les incendies de Gironde de l'été 2022.
Cette géographie évolue. Les épisodes de sécheresse prolongée ont étendu le risque à des territoires longtemps considérés comme épargnés : Bretagne, Pays de la Loire, Jura, Bourgogne, jusqu'aux Hauts-de-France. La carte en direct permet de suivre cette réalité mouvante : consulter la situation département par département.
Prévenir : les gestes qui comptent
Le débroussaillement, mesure numéro un
Dans les communes exposées, les obligations légales de débroussaillement (OLD) imposent d'éliminer la végétation combustible sur un rayon de 50 mètres autour des constructions — extensible à 100 mètres par arrêté municipal — et sur 10 mètres de part et d'autre des voies privées d'accès. Une maison correctement débroussaillée résiste dans la grande majorité des cas au passage d'un front de flammes, et permet aux secours de la défendre sans se mettre en danger.
Les règles d'emploi du feu
- Le brûlage des déchets verts à l'air libre est interdit toute l'année aux particuliers, sauf dérogation préfectorale.
- À moins de 200 mètres d'un espace boisé, tout emploi du feu est réglementé et généralement interdit en période de risque.
- En période rouge, les préfectures ferment l'accès aux massifs forestiers : vérifiez l'arrêté en vigueur avant une randonnée ou des travaux.
- Réalisez les travaux générant des étincelles tôt le matin, jamais en pleine chaleur ni par vent fort.
Réagir : la conduite à tenir
- Alerter : 18 ou 112, en donnant la commune, le lieu-dit, la nature du feu et la direction du vent.
- Ne pas s'engager : un feu de végétation étendu progresse plus vite qu'un homme à pied.
- Se mettre à l'abri dans un bâtiment, portes, fenêtres et volets fermés, aérations calfeutrées avec des linges humides.
- Libérer les routes pour les engins de secours et couper le gaz.
- Suivre les consignes officielles de la préfecture et des sapeurs-pompiers.
Ce que montrent — et ne montrent pas — les données satellite
Les points affichés sur ce site proviennent des détections d'anomalies thermiques des satellites de la NASA. Ils permettent de repérer un foyer actif partout sur le territoire, y compris en zone peu peuplée, mais comportent des limites : un feu éteint entre deux passages satellite, masqué par un couvert nuageux ou de trop faible intensité n'apparaîtra pas. À l'inverse, une torchère industrielle ou un brûlage agricole peut générer un point sans qu'aucun incendie ne soit en cours.
Le détail de la méthode est décrit sur la page sources et méthodologie.