+−Puis-je faire un barbecue chez moi quand le risque est élevé ?
Dans votre jardin, un barbecue n'a rien d'illégal en soi. Deux règles s'imposent pourtant l'été. L'article L. 131-1 du code forestier interdit à toute personne autre que le propriétaire du terrain de porter ou d'allumer du feu dans les bois et jusqu'à 200 mètres de ceux-ci. L'arrêté préfectoral d'emploi du feu, propre à chaque département, encadre ensuite le propriétaire lui-même : au-delà d'un certain niveau de danger, il suspend tout feu en extérieur, barbecue compris, parfois sur toute la commune. Consultez la météo des forêts du jour et l'arrêté de votre préfecture avant d'allumer quoi que ce soit.
+−A-t-on le droit de fumer en forêt ?
Depuis la loi du 10 juillet 2023, l'article L. 131-1-1 du code forestier interdit de fumer dans les bois et forêts, et jusqu'à 200 mètres de ceux-ci, pendant toute la période à risque définie par arrêté du préfet de département. Cette période varie d'un territoire à l'autre : elle ne se limite pas toujours à juillet et août, et certains départements l'étendent largement. Hors période, la prudence reste entière, car un seul mégot suffit. S'il déclenche un incendie, l'article L. 163-4 du code forestier renvoie aux peines du code pénal. Un cendrier de poche règle définitivement la question.
+−Mon assurance habitation couvre-t-elle un feu de forêt ?
La garantie incendie figure dans pratiquement tous les contrats multirisque habitation : un feu de forêt qui atteint votre maison relève de cette garantie, sans qu'un arrêté de catastrophe naturelle soit nécessaire. Nous ne pouvons promettre aucune prise en charge à votre place, car tout dépend des plafonds, des franchises et des exclusions écrites dans votre contrat. Regardez en particulier le sort des dépendances, abris de jardin, clôtures, piscines, plantations et véhicules, souvent limités ou exclus. Déclarez le sinistre dans le délai prévu par votre police et conservez photos datées, factures et inventaire du mobilier.
+−Le débroussaillement change-t-il quelque chose à mon indemnisation ?
Oui, et le texte est précis. L'article L. 122-8 du code des assurances prévoit que, lorsque les dommages proviennent d'un incendie de forêt et qu'il est établi que l'assuré n'a pas respecté ses obligations légales de débroussaillement, l'assureur peut appliquer une franchise supplémentaire d'un montant maximal de 5 000 €, en plus de celles déjà prévues au contrat. Ce n'est pas, en principe, une exclusion de garantie : c'est un coût qui s'ajoute. Conservez donc les preuves de vos travaux, photos datées et factures d'entreprise. Les distances et les règles sont détaillées sur notre page débroussaillement.
+−Que faire de mes animaux si le feu approche ?
Anticipez, car un animal se gère très mal dans l'urgence. Chiens et chats doivent être identifiés, tenus en laisse avec un harnais ajusté ou placés en caisse de transport, avec eau, gamelles et carnet de santé dans le sac. Pour les chevaux et les troupeaux, les sapeurs-pompiers et les associations de protection animale recommandent une évacuation très précoce, en bétaillère ; à défaut, mieux vaut les laisser libres dans un enclos ras et abreuvé plutôt qu'enfermés dans un bâtiment ou attachés. Signalez leur présence aux secours et fixez à l'avance un point de rassemblement connu de tous.
+−Faut-il arroser sa maison avant l'arrivée du feu ?
Oui, mais avant l'arrivée du front, et jamais en restant dehors quand il approche. Les consignes officielles de la Sécurité civile, relayées par les préfectures, sont explicites : fermez et arrosez volets, portes et fenêtres, puis occultez les aérations avec des linges humides. Fermez également les bouteilles de gaz et éloignez-les des façades. Ne montez pas sur le toit et ne restez pas au jardin, tuyau à la main : gardez votre eau et vos forces pour l'après, lorsque les braises retombent et qu'il faut surveiller les reprises autour du bâtiment pendant plusieurs heures.
+−Volets ouverts ou fermés quand la fumée arrive ?
Fermés, sans hésitation. La consigne officielle de la Sécurité civile est de fermer portes, fenêtres, volets et aérations, d'arrêter la ventilation mécanique et de glisser des linges humides au bas des portes. Les volets arrêtent le rayonnement, évitent l'éclatement des vitres et bloquent les braises portées par le vent, qui s'engouffrent par la moindre ouverture. Rentrez au passage le mobilier de jardin, les paillassons et tout ce qui brûle le long des murs. Un bâtiment fermé protège mieux que l'extérieur : c'est exactement le principe du confinement recommandé par les autorités.
+−Faut-il fuir en voiture ou rester chez soi ?
La règle officielle surprend souvent : votre maison est votre meilleure protection. La Sécurité civile demande de rester confiné dans un bâtiment en dur et de n'évacuer que sur ordre des autorités, ou alors très en avance, jamais au dernier moment. Une voiture rattrapée par un front de flammes devient un piège, et les routes encombrées empêchent les secours de passer. Si vous êtes déjà au volant et surpris par le feu, la consigne est de ne pas sortir du véhicule : vitres fermées, phares allumés pour être vu, en cherchant une zone dégagée.
+−Qui décide d'une évacuation et comment suis-je prévenu ?
L'ordre vient d'une autorité de police : le maire sur sa commune, le préfet dès que l'événement dépasse ce cadre. La notification passe par FR-Alert, un message diffusé à tous les téléphones présents dans la zone, accompagné d'un signal strident même en mode silencieux, sans inscription préalable. Les secours doublent souvent l'alerte par porte-à-porte, haut-parleurs ou sirènes. Le message précise la conduite à tenir, l'itinéraire et le lieu d'accueil. Aucune alerte officielle ne réclame de coordonnées bancaires. Vous pouvez suivre en parallèle les feux détectés, mais l'ordre officiel prime toujours.
+−Qu'est-ce qu'un « feu fixé » ?
« Fixé » ne veut pas dire éteint. Un feu est dit fixé lorsqu'il cesse de progresser le long de ses axes principaux : le périmètre ne s'étend plus, mais l'intérieur brûle encore, parfois violemment. Vient ensuite « circonscrit », quand le feu est cerné sur tout son pourtour, puis « maîtrisé », et enfin « éteint », lorsque les dernières souches et litières sont noyées. Entre fixé et éteint, plusieurs jours peuvent s'écouler, et une saute de vent suffit à provoquer une reprise. Les autres termes entendus à la radio sont expliqués dans notre glossaire des feux.
+−Combien de temps la fumée reste-t-elle gênante ?
Plus longtemps qu'on ne l'imagine. Tant que des souches, des litières ou de la tourbe se consument, la fumée continue de se former, parfois plusieurs jours après la fin des flammes visibles, et le vent la rabat au sol la nuit. Les agences régionales de santé recommandent alors de limiter les sorties et les efforts physiques, de fermer portes et fenêtres, d'arrêter la ventilation, et conseillent un masque FFP2 aux personnes fragiles directement exposées. Consultez notre page sur les fumées des incendies et l'indice de qualité de l'air publié par votre association agréée régionale.
+−Quand puis-je rentrer chez moi ?
Uniquement lorsque les autorités l'autorisent : un retour anticipé gêne les secours et vous expose inutilement. Au retour, avancez prudemment. Les arbres fragilisés tombent sans prévenir, les souches couvent parfois plusieurs jours, des câbles électriques peuvent être à terre. Ne rétablissez gaz et électricité qu'après vérification, et tenez compte des éventuelles restrictions sur l'eau du réseau. Photographiez tout avant de nettoyer : votre assureur en aura besoin. Signalez au 17 les vols ou dégradations constatés, et ne signez aucun devis sous la pression d'un démarcheur venu proposer ses services.
+−Que dire au 18 quand je signale un départ de feu ?
Appelez le 18, le 112, ou le 114 par SMS si vous êtes sourd ou malentendant. Donnez d'abord la localisation la plus précise possible : commune, lieu-dit, route et point kilométrique, repère visible, ou coordonnées GPS lues sur votre téléphone. Décrivez ensuite ce qui brûle, herbe, broussailles ou arbres, l'étendue approximative, la direction du vent, les accès praticables pour les engins, ainsi que la présence éventuelle d'habitations ou de personnes menacées. Ne raccrochez pas avant que l'opérateur vous le dise, restez joignable, et mettez-vous à l'abri sans tenter d'éteindre le feu vous-même.
+−Ai-je le droit de photographier ou de filmer un incendie ?
Photographier n'est pas interdit, s'approcher l'est souvent. Les préfets ferment routes et massifs pendant les opérations, et se garer sur un bas-côté pour filmer bloque les engins qui arrivent. L'article 223-5 du code pénal punit de sept ans d'emprisonnement et de 100 000 € d'amende l'entrave volontaire à l'arrivée des secours destinés à combattre un sinistre dangereux pour la sécurité publique. Restez donc à distance et ne diffusez pas de localisations approximatives, qui attirent des curieux sur les axes de dégagement. En revanche, photographiez abondamment vos propres dégâts : ces images serviront à votre dossier d'assurance.
+−Puis-je faire voler mon drone au-dessus d'un feu ?
Non, ni au-dessus ni à proximité. La réglementation européenne applicable aux aéronefs sans équipage à bord interdit de voler dans une zone où une intervention d'urgence est en cours sans l'accord des services concernés, et des arrêtés préfectoraux ferment l'espace aérien autour des incendies. La raison est opérationnelle : un drone repéré cloue au sol Canadair, Dash et hélicoptères, parfois de longues minutes, au moment précis où ils sont le plus utiles. Vous vous exposez à des poursuites et vous privez les équipes de leurs moyens aériens.
+−Puis-je aider les pompiers pendant l'incendie ?
Sur le terrain, non : un civil non équipé devient une personne à protéger, et les secours doivent alors détourner des moyens. N'apportez ni eau ni ravitaillement sur place, laissez les routes libres, ne suivez pas les colonnes d'engins. Si vous voulez être utile durablement, engagez-vous à froid : réserve communale de sécurité civile, comité communal feux de forêts dans le Sud, ou sapeur-pompier volontaire auprès de votre service départemental d'incendie et de secours. Ces bénévoles patrouillent, alertent, guident les secours et assurent la logistique, après formation et sous l'autorité du maire.
+−Feux d'artifice et lanternes volantes sont-ils autorisés l'été ?
Les lanternes volantes sont interdites toute l'année dans de nombreux départements par arrêté préfectoral : incontrôlables, elles retombent enflammées à plusieurs kilomètres du point de lâcher. Les feux d'artifice, eux, sont réglementés, et les arrêtés d'emploi du feu les suspendent dès que le danger monte, fêtes votives comprises. L'article L. 163-4 du code forestier vise d'ailleurs explicitement les pièces d'artifice allumées ou tirées à l'origine d'un incendie. Avant toute mise à feu, interrogez votre mairie : elle connaît l'arrêté en vigueur et les annulations décidées parfois quelques heures avant la manifestation.
+−Qu'est-ce que je risque si je déclenche un feu par imprudence ?
L'article L. 163-4 du code forestier vise le fait de provoquer involontairement l'incendie des bois d'autrui par un feu allumé sans précaution suffisante, un mégot abandonné ou un engin produisant des flammes, et renvoie au code pénal. L'article 322-5 prévoit alors deux ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende, portés à trois ans et 45 000 € en cas de violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité, et jusqu'à dix ans et 150 000 € lorsque l'incendie a causé la mort. S'y ajoutent la réparation civile des dommages et les recours des assureurs des victimes.
+−Mon terrain a brûlé, et après ?
Sécurisez d'abord les abords : arbres instables, souches qui couvent, accès des voisins et des secours. Prévenez votre assureur si le terrain est couvert, sachant que moins d'un dixième de la forêt privée française l'est. Les coupes sanitaires se décident vite, car le bois brûlé perd sa valeur en quelques mois ; le Centre national de la propriété forestière et l'ONF accompagnent ces chantiers et instruisent les aides. Attention, l'article L. 131-4 du code forestier interdit le pâturage pendant dix ans sur les terrains incendiés non soumis au régime forestier. Vos obligations de débroussaillement, elles, subsistent.
+−Ai-je le droit de brûler mes déchets verts ?
Brûler tontes, tailles de haies et feuilles mortes à l'air libre est interdit aux particuliers, au titre du règlement sanitaire départemental, avec une contravention pouvant atteindre 450 €. En zone exposée aux incendies, les arrêtés préfectoraux d'emploi du feu ajoutent leurs propres interdictions, y compris hors saison estivale. Quelques dérogations existent, très encadrées, notamment pour certains brûlages agricoles ou l'élimination de végétaux contaminés : elles se demandent en mairie ou en préfecture. Déchèterie, broyage sur place et compostage restent les solutions sûres, et le broyat protège vos plantations de la sécheresse.
+−Comment savoir si ma commune est en zone à risque ?
Interrogez d'abord Géorisques, le portail de l'État : il indique commune par commune l'exposition au feu de forêt et l'existence d'un plan de prévention des risques d'incendie de forêt. Votre mairie détient le règlement de ce plan et le document d'information communal sur les risques majeurs. À l'achat ou à la location, l'état des risques annexé au contrat vous informe obligatoirement. Un tel plan conditionne la constructibilité, impose des équipements et étend fréquemment les obligations de débroussaillement. Notre page risque incendie vous situe dans le contexte national et régional.
+−Un automobiliste jette un mégot par la fenêtre : que faire ?
Le geste est une infraction, pas une bagatelle. L'abandon de déchets sur la voie publique est verbalisé par une amende forfaitaire de 135 €, et l'article R. 635-8 du code pénal prévoit une contravention de cinquième classe, jusqu'à 1 500 €, lorsque les déchets ont été transportés à l'aide d'un véhicule. Si le mégot déclenche un feu, on bascule dans le délit. Témoin, ne poursuivez personne : notez la plaque, l'heure et le lieu exact, appelez immédiatement le 18 si vous voyez de la fumée, puis signalez les faits à la gendarmerie.
+−Que faire si je suis surpris par le feu en randonnée ?
Les consignes officielles diffusées par les préfectures et la Sécurité civile tiennent en peu de mots. Ne fuyez jamais devant les flammes, qui remontent une pente bien plus vite que vous : éloignez-vous perpendiculairement à l'axe de propagation. Cherchez un abri protégé, rocher, mur, route large, terrain déjà brûlé ou zone dégagée. Respirez si possible à travers un linge humide. Alertez les secours au 18 ou au 112 en donnant votre position la plus précise possible. Gardez votre calme : la panique aggrave presque toujours la situation, rappellent les services de l'État.
+−Puis-je me promener quand le massif est fermé ?
Non. L'article L. 131-6 du code forestier autorise le préfet à réglementer, voire à interdire, la circulation et la présence dans les massifs pendant les périodes de danger. Ces fermetures sont décidées quotidiennement dans plusieurs départements du Sud et du Sud-Ouest, souvent la veille au soir, selon la prévision de danger du lendemain. Passer outre expose à une amende, mais complique surtout le travail des guetteurs et des patrouilles, qui doivent lever le doute sur chaque véhicule stationné. Vérifiez l'accès aux massifs le matin même : la situation évolue en cours de journée.
+−Faut-il couper le gaz et l'électricité quand le feu approche ?
Fermez les bouteilles de gaz et éloignez-les des façades : la consigne figure en toutes lettres dans les recommandations diffusées par les préfectures, et coupez l'alimentation en gaz du logement. Pour l'électricité, ne coupez pas systématiquement tant que vous restez confiné : vous en aurez besoin pour la pompe, la lumière et l'information. Prévoyez lampes, radio à piles et batterie externe, car les réseaux mobiles saturent parfois. Si vous évacuez sur ordre, coupez gaz et électricité en partant, fermez les fenêtres et laissez le portail ouvert pour permettre l'accès des secours.
+−Mon voisin ne débroussaille pas : que puis-je faire ?
L'obligation pèse sur le propriétaire de la construction, y compris lorsque la zone à traiter déborde sur le terrain voisin, celui-ci devant alors laisser l'accès. Si le dialogue échoue, écrivez au maire, à qui le code forestier confie le contrôle sur sa commune : il met en demeure le propriétaire défaillant, puis peut faire exécuter les travaux d'office à ses frais, des sanctions étant par ailleurs prévues. Gardez une trace écrite de chaque démarche. Rappelez-lui enfin l'enjeu financier : en cas de sinistre, une franchise supplémentaire peut lui être appliquée par son assureur.