Sources et méthodologie
Publié le · mis à jour le · par Alexis Thery
Toutes les détections affichées proviennent de sources publiques et vérifiables. Cette page décrit précisément d'où viennent les données, comment elles sont traitées et ce qu'elles ne permettent pas de dire.
Origine des données
Les foyers sont issus du système FIRMS (Fire Information for Resource Management System) de la NASA, qui diffuse en temps quasi réel les anomalies thermiques repérées par plusieurs instruments spatiaux :
- VIIRS (Visible Infrared Imaging Radiometer Suite), résolution 375 m, à bord des satellites Suomi-NPP, NOAA-20 et NOAA-21 ;
- MODIS (Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer), résolution 1 km, à bord des satellites Terra et Aqua.
Les quatre flux sont interrogés séparément puis fusionnés. Les doublons — un même foyer vu par deux satellites — sont dédupliqués à partir d'une empreinte combinant position, date, heure d'acquisition et instrument.
Les autres sources mobilisées :
- Surfaces brûlées : Copernicus EFFIS (European Forest Fire Information System, Commission européenne / JRC), qui relève les périmètres sur imagerie Sentinel-2 à 10 m et publie leur superficie officielle.
- Périmètres des sinistres majeurs : la cartographie d’urgence Copernicus (CEMS Rapid Mapping). Elle n’est pas produite en continu : elle est déclenchée au cas par cas — en France par le centre opérationnel de gestion interministérielle des crises — sur les incendies d’ampleur, et livre alors un contour bien plus fin qu’EFFIS, souvent dans les heures qui suivent. Quand une activation existe, son périmètre remplace celui d’EFFIS sur la carte.
- Vent à 10 m : modèle AROME HD de Météo-France, maille 1,3 km, servi par Open-Meteo (CC BY 4.0).
- Fond de carte : ortho-photographie de l'IGN via la Géoplateforme ; toponymes et limites administratives par Esri.
- Moyens aériens : positions ADS-B communautaires (adsb.lol). Diffusion volontaire et non exhaustive : l'absence d'un appareil ne signifie pas qu'il n'y en a pas.
- Sites et zones industriels : OpenStreetMap (contributeurs), via Overpass.
- Qualité de l'air : modèle CAMS européen de Copernicus (maille 11 km, pas horaire), servi par Open-Meteo. C'est un modèle, pas une mesure locale : un panache étroit peut lui échapper, et l'affichage le rappelle.
- Communes : API Découpage administratif (geo.api.gouv.fr), pour nommer les incendies suivis d'après la commune de leur foyer principal.
- Accès aux massifs : nous renvoyons vers les cartes préfectorales officielles (plateforme de l'Entente Valabre, DFCI Aquitaine) sans jamais les recopier — seules ces cartes, mises à jour quotidiennement, font foi.
Emprise géographique
Les données sont demandées sur la boîte englobante de la France métropolitaine, puis filtrées sur le contour réel du territoire par un test d'appartenance polygonale. Les détections situées en Belgique, en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Suisse, au Royaume-Uni ou en mer sont écartées, de même que les enclaves étrangères.
L'affectation d'un foyer à un département repose sur le centroïde départemental le plus proche. Cette approximation est fiable à l'échelle du département ; le long des limites administratives, un foyer peut être rattaché au département voisin.
Fréquence de mise à jour
NASA FIRMS publie les détections en temps quasi réel (NRT), généralement moins de trois heures après l'acquisition, et parfois en quelques minutes pour les flux prioritaires. Le site interroge la source au maximum toutes les 5 minutes et met les résultats en cache ; l'interface se rafraîchit automatiquement toutes les 3 minutes. La carte en direct montre les détections des dernières 48 heures ; dix jours sont conservés pour le rejeu, les fiches d'incendies et le calcul des surfaces parcourues.
Grandeurs affichées
- FRP (Fire Radiative Power), en mégawatts : puissance rayonnée par le foyer au moment du passage du satellite. C'est le meilleur indicateur disponible de l'ampleur d'un feu depuis l'espace.
- Brillance, en kelvins : température de brillance mesurée dans l'infrarouge moyen.
- Confiance : indicateur fourni par l'algorithme de détection, normalisé ici en trois niveaux (faible, nominale, élevée). Pour MODIS, il provient d'un score de 0 à 100 ; pour VIIRS, des catégories low, nominal et high.
- Heure d'acquisition : instant du passage satellite, fourni en UTC par la source et affiché en heure de Paris.
- Surface parcourue, en hectares : voir ci-dessous, c'est une estimation reconstituée et non une donnée fournie par la NASA.
Surfaces parcourues
Deux sources coexistent sur la carte, et elles ne se valent pas.
Le périmètre officiel Copernicus EFFIS fait foi quand il existe. Il est relevé sur imagerie Sentinel-2 à dix mètres de résolution, avec sa superficie, sa commune et sa date d'éclosion. C'est la référence européenne. Son seul défaut est le délai : il faut qu'un satellite Sentinel repasse et que la scène soit exploitée, soit quelques jours.
La cartographie d'urgence le devance sur les sinistres majeurs. Quand une activation est déclenchée — cinq fois en France en juillet 2026, entre vingt-cinq minutes et vingt-deux heures après le départ du feu — elle produit un contour d'une finesse sans commune mesure, découpé en centaines de polygones distincts. Il remplace alors le périmètre EFFIS du même incendie, qui serait sinon compté une seconde fois. La fenêtre d'information de chaque périmètre indique lequel des deux produits vous consultez.
Notre estimation prend le relais pour les feux qu'EFFIS n'a pas encore traités — c'est-à-dire, précisément, ceux qui brûlent en ce moment. Elle est reconstituée à partir des points de détection FIRMS, selon la méthode ci-dessous, et affichée dans une teinte distincte. Elle est annoncée comme estimée partout où elle apparaît.
- Comptage par cellules, pas par détections. Un même pixel repéré à six passages successifs reste un seul pixel brûlé. Les détections sont donc reportées sur une grille fixe d'environ 390 mètres de côté — l'ordre de grandeur du pixel VIIRS — et la surface est le total des cellules distinctes touchées.
- Regroupement en incendies. Deux cellules distantes de moins de 1,2 kilomètre sont rattachées au même incendie : assez pour recoller un front discontinu, assez serré pour ne pas fusionner deux feux voisins.
- Comblement des enclaves. Une cellule entourée de toutes parts par des cellules brûlées a brûlé, même si aucun satellite ne l'a vue : nuage au moment du passage, intensité sous le seuil de détection, ou simple décalage d'orbite. Ces enclaves sont comblées, dans la limite de six cellules — environ 130 hectares. Au-delà, l'espace épargné est trop vaste pour être un trou de mesure : un lac, une agglomération, une coupure de combustible. Il reste alors en dehors de la surface. La part ainsi déduite représente en général quelques pour cent du total.
- Exclusion des sources industrielles. Un haut fourneau, une torchère ou un four de cimenterie ressortent exactement comme un feu de forêt sur l'image satellite. Trois filtres les écartent : un masque de sites nommés, l'emprise au sol des zones industrielles cartographiées, et un critère de persistance — une cellule qui s'allume plusieurs jours étalés sur un mois, avec une puissance modérée, est une source permanente. Au-delà de 50 mégawatts, le foyer reste affiché quoi qu'il arrive : à ce niveau d'énergie, c'est un incendie et non un procédé.
Le résultat est un ordre de grandeur défendable, pas un relevé cadastral. Sur l'incendie de Gironde de juillet 2026, cette méthode donne environ 40 600 hectares là où EFFIS en relève 38 120 : un écart de 6 %, dans le bon ordre de grandeur pour une reconstitution à partir de pixels de 375 mètres. Elle sous-estime en revanche les feux de faible intensité, que les satellites ne détectent pas, et ne remplace pas les mesures de terrain publiées après coup par les services de l'État.
Incendies suivis et statut des feux
Un foyer qui dépasse environ 80 hectares reçoit une fiche de suivi avec une URL stable. Le rapprochement d'un jour à l'autre se fait par recouvrement des cellules brûlées : un feu qui progresse garde l'essentiel de ses cellules de la veille, un feu nouveau n'en partage aucune. Deux feux qui se rejoignent ne font plus qu'une fiche, la plus ancienne. Le nom vient de la commune du foyer principal (API Découpage administratif) ; la surface retenue est le maximum atteint pendant l'épisode, remplacée par le relevé officiel EFFIS dès qu'il existe.
Le statut affiché s'en tient à ce que le satellite sait dire : « actif » signifie une détection dans les 12 dernières heures, « sans détection depuis X heures » exactement cela. Nous n'écrivons jamais « maîtrisé » ni « fixé » : ce sont des constats des services de secours au sol, pas d'un capteur à 800 km d'altitude. De même, la tendance d'intensité (en hausse, en baisse) ne s'affiche que si deux fenêtres de 6 heures consécutives ont réellement mesuré quelque chose.
Limites connues
- Fenêtre d'observation. Un satellite ne voit un point donné que quelques fois par jour. Un feu déclaré puis maîtrisé entre deux passages n'apparaîtra jamais.
- Nuages et fumée dense peuvent masquer complètement un foyer actif.
- Seuil de détection. Un feu de très faible surface ou de faible intensité passe sous le seuil de l'algorithme, surtout pour MODIS (1 km).
- Faux positifs thermiques. Torchères industrielles, sites sidérurgiques, centrales thermiques, brûlages agricoles et écobuages génèrent des détections qui ne correspondent pas à des incendies subis.
- Position approchée. Le point affiché est le centre du pixel de détection (375 m ou 1 km de côté), pas la coordonnée exacte du foyer.
Statut de l'information
Ce site est un outil d'information indépendant. Il ne constitue pas une source officielle de sécurité civile et ne remplace ni les communiqués des préfectures, ni les consignes des services départementaux d'incendie et de secours. En cas d'urgence, appelez le 18 ou le 112.
Réutilisation des données
Les détections brutes relèvent de la politique d'accès aux données de la NASA (NASA Earthdata Data Use Policy). Le fond cartographique est fourni par Esri, Maxar et Earthstar Geographics.



